Journal, mon beau journal…

Un journal créatif, on en a tous entendu parler et ça désigne tant de choses différentes, que je vais vous expliquer ma version de la chose. Je ne prône pas avoir la vérité unique, je vous explique juste pour qu’on parle de la même chose.

Ma façon de faire est, avant tout, dérivée des méthodes « 3 pages », « Morning Pages », « Miracle Morning » et adapté à l’écriture.

Whoa, déjà trois trucs. Nan, mais revenez, c’est simple en fait ! Ils ont des trucs en commun et après avoir testé les 3 de façon extensive, j’ai gardé ce qui marche pour moi.

3 pages :

Ecrire trois pages par jour, le plus tôt possible — ou juste avant de se coucher, mais je le zappais à chaque fois —, de ce qu’on écrit habituellement (dans mon cas de la fiction). Environ 750 mots. Je ne me suis pas inscrite sur le site anglais, mais sur un français nommé 750mots.

Hé ben vous savez quoi ? Quand on est pas inspirés ou qu’on en à ras le pompon du projet du moment, ben c’est pas facile ! Sans compter qu’on a pas tous la chance de se poser jusqu’à ce que l’inspiration divine décide de se pointer. Au bout d’un moment, j’ai lâché plus ou moins l’affaire, décidant de faire d’abord le Morning Pages puis 3 pages.

Morning Pages :

En résumé, on sort de notre tête tout ce qu’on a sortir chaque matin au réveil pour avoir l’esprit plus clair. Là, il n’y a pas de quantité fixe, même s’il est conseillé de faire plusieurs pages histoire de pas noter « aujourd’hui, j’ai pas le temps. » et de s’arrêter là. Au bout d’un moment, je ne faisais plus mes pages que sur l’écriture comme le reste de ma vie est relativement tranquille (on passera sur la santé en mousse, quand je le faisais il y a 3-4 ans, ça allait mieux).

J’ai découvert l’effet salvateur de râler sur les personnages et les intrigues quand les pièces du puzzle ne veulent pas aller ensemble. Avec la nuit pour me porter conseil et avec un regard détaché, j’arrivais à toucher le détail qui manquait pour que tout aille.

Au final, j’ai fait mes 3 pages en Morning Pages d’écriture pendant 2-3 ans (je ne sais plus quand j’ai commencé exactement, mais pour le camp nano d’avril 2014, ça roulait). C’est là que j’ai découvert le Miracle Morning et que par curiosité, j’ai pris l’ebook sur la version pour écrivain.

Scribble – Ecrire du Miracle Morning :

Ils conseillent de faire un journal où on parle des buts, des actions à entreprendre, des difficultés possibles ou rencontrées et comment les éviter. C’était plus ou moins ce que je faisais déjà, j’ai juste développé un peu en tentant de me limiter à 10-15 min par matin. Une réflexion de moi à moi en parfaite harmonie.

 

Bref, revenons à mon fameux journal, fruit d’années de test, de ratés, de rupture en mode rage ultime et de retours, toute amoureuse d’un nouveau stylo, d’un nouveau carnet ou d’une nouvelle application de journal.

Déjà, c’est un journal dans lequel j’écris, mais il est possible d’y gribouiller un peu. Le but est juste de sortir de votre tête (ou de la mienne dans cet exemple), tout ce qui tourbillonne pour pouvoir le retrouver un jour.

J’y parle éventuellement de soucis en rapport avec l’écriture comme « le petit a de la fièvre depuis deux jours, deux nuits blanches, ça ne m’aide pas à avoir les idées claires quand je peux enfin me poser pour bosser », mais je ne m’étale pas là dessus. Je discute avec moi-même des différents projets, de quelle priorité donner à quel projet. Je commence un peu à faire le travail de planification par petites touches. Dire que tel mois, je vais plutôt faire la révision de tel projet en continuant à développer tel autre. De pourquoi celui-ci me lasse, pourquoi celui-là me fait envie.

Je râle aussi sur ma procrastination créative qui me fait délaisser ce que j’ai prévu pour bosser sur un autre projet qui est sensé passer après. Et surtout, je râle sur mes problèmes avec mes textes. On en a tous. Le perso qui ne veut pas se bouger pour avancer jusqu’à la prochaine étape. Le personnage secondaire qui squatte l’écran alors qu’il est sensé partir depuis trois scènes. L’antagoniste inexistant ou à l’inverse, omniprésent. Comment motiver une loque à sortir de sa déprime pour retourner botter les fesses du grand méchant alors qu’elle a tout à sa portée et qu’il faut juste qu’elle arrête de s’apitoyer sur son sort pour prendre conscience que ça y est, elle va y arriver puisqu’elle a appris de la dernière fois où elle ne s’est pas fait rétamer. Oui, j’écris de la fantasy donc mes exemples sont un peu plus violents que des exemples de romance (j’arrive pas à en faire, ou alors en toile de fond).

Du coup, en regardant les soucis comme une étrangère et plus comme un personnage de l’histoire, j’ai souvent des illuminations. Comment contourner le problème, comment le faire disparaître, parce qu’en fait, les deux scènes qui traînent, elles ne servent à rien et qu’on peut les couper et les condenser en trois lignes. J’ai même des fois des solutions à des problèmes que je n’envisageai pas encore ! Ça fait penser hors de la boîte et c’est très bien (sauf si la boîte est bleue, qu’elle ressemble à une cabine téléphonique et qu’elle fait un bruit caractéristique, là il faut y rester ! D’ailleurs si vous pouvez passer me chercher…)

Bref, il n’y a pas besoin d’y passer des heures ni de faire des pages et des pages. Juste s’y mettre un peu tous les jours. Il m’arrive de juste mettre « voilà, aujourd’hui, je vais faire telle scène et telle autre. C’est cool, j’ai hâte de voir ce que ça va donner. »

Si vous n’avez rien à y mettre, tant mieux, pas la peine de rallonger la sauce, restez motivé(e) et positif(ve). Utilisez plutôt ces précieuses minutes gagnées pour écrire davantage !

En écrivant régulièrement, que ce soit le journal ou l’écriture (fiction ou non-fiction), ça viendra plus facilement. Depuis le mois dernier, je teste un nouveau concept de journal, que je fais dès que je suis installée pour écrire. Je vous en parle le mois prochain avec un suivi régulier (1, 2, 4 semaines puis 2, 3, 6 mois et enfin chaque année) pour voir si ça marche, pourquoi et tout ça. Mais ça, c’est une autre histoire…

Le Matin Miracle pour Ecrivain (Miracle Morning for Writers)

J’ai découvert le Miracle Morning pour les écrivains*, parce qu’il a été coécrit avec S.J. Scott. Il a pas mal d’ebooks sur la productivité et quelques-uns sur l’écriture, j’en parlerais au fur et à mesure. J’aime bien parce qu’il ne tourne pas autour du pot et que ces solutions sont toujours pertinentes, même si toutes ne s’adaptent pas à chacun (il vise plus large exprès).

J’avais entendu parler un peu du Miracle Morning d’Hal Elrod, surtout sur Pinterest dans les BuJo, mais ça ne me parlait pas vraiment. Voir juste des suivis avec notés « SAVERS », ce n’est pas très explicite. J’ai pris l’ebook version écrivain et j’ai tenté ma chance. Au final, j’adore, même si les matins où j’ai des soucis de santé, j’ai dû mal à les faire.

Le Matin Miracle se décompose en plusieurs parties, à faire à partir d’une minute chacune et dans l’ordre qu’on veut, juste après être sorti du lit :

  • Silence : Rester calme et tranquille. Selon les croyances et la volonté de chacun, ça peut être de la méditation, une prière, exprimer sa gratitude, regarder la nature, profiter du moment présent…
  • Affirmation : Dire, à haute voix, devant son miroir ou dans sa tête, une ou plusieurs phrases positives. De « je vais passer une bonne journée », « je vais être productif/ve aujourd’hui », à un mantra élaboré ou un petit texte rédigé exprès listant vos qualités et tout ce que vous pouvez/voulez accomplir dans la journée. J’ai eu un peu de mal, mais rien que de se dire « j’ai passé une bonne nuit et je vais passer une bonne journée », même si on a dormi deux heures et mal, ça permet d’aborder la journée de façon plus positive. Le but est de commencer en mode positif, pas déjà ruminer en se lamentant sur la nuit épouvantable qu’on vient de passer. Je le fais en une minute, comme j’ai un peu mal. Avec l’habitude, je passerai à quelques minutes de plus (là, j’ai tendance à piquer du nez puisque je le fais du lit, c’est pas bien, je sais, mais au moins, maintenant je le fais :p).
  • Visualisation : Là aussi, ce n’était pas inné. Je ne fais toujours que deux minutes. Il s’agit de s’imaginer en version son et lumière (odeurs et ressentis en option) faire des choses dans la journée. Je me vois toujours en train d’écrire, à mon bureau ou dans le lit selon l’état, sentir le clavier sous ses doigts (le skin en silicone du TypeMatrix si je suis au bureau, le plastique lisse du clavier du pc portable ou les petites touches plus raides mais parfaites ou presque de mon mini clavier Bluetooth que j’utilise avec la tablette ou le smartphone), entendre les touches comme les mots apparaissent petit à petit à l’écran (chacun à sa propre mélodie), les odeurs comme la bougie que j’allume systématiquement sauf quand je reste dans la chambre, le soleil qui passe par la fenêtre, ou la lumière dans la boule de papier au-dessus de ma tête. Mon dos maintenu par un coussin (dur si je suis sur ma chaise, mou si je suis contre le mur sur le lit ou le canapé). Tous ses petits détails. Si j’y reste trop longtemps, je finis par piquer du nez, d’où le temps court. Même si j’ai un minuteur. On peut aussi imaginer l’avenir sur le plus long terme. Par exemple, j’ai déjà essayé de me projeter dans quelques années, regardant le tableau de ventes bien rempli sur la page de suivi Kindle d’Amazon, ou sur l’appli de suivi sur mon smartphone. Ou depuis le lancement du blog, avec le tableau WordPress me disant que j’ai eu des visites et des commentaires. Ou dans la maison de mes rêves. Ou en dédicaces (ça m’est déjà arrivé… mais je me suis endormie donc c’était peut-être un rêve. Toujours est-il que c’était dans une librairie qui a fermé depuis des années, snif). Bref, le but est de se projeter, de penser positif et de se fixer un but à plus ou moins long terme.
  • Energy : Faire du sport. Oui, de bon matin, presque au réveil, sans rien dans le gosier. Bon, il n’est pas question de courir un marathon non plus. Des pompes, de la corde à sauter, du stepper, ce que vous voulez. Moi, je fais soit une salutation du soleil en yoga (ça prend une dizaine de minutes), soit un peu de Qi Gong (quand je suis motivée, c’est sur la terrasse quand il fait bon sinon dans le salon, je peux aussi le faire en direct du lit comme c’est le haut du corps qui travaille principalement). Le plus souvent, je fais vingt minutes de marche en amenant le petit à l’école. Ça n’a pas besoin d’être sportif ni violent. Pas besoin d’être en sueur pour que ça marche. Le but est juste de faire « circuler le sang » comme il dit dans le livre.
  • Read : Lire. Il conseille de prendre des livres de développement personnel ou traitant d’écriture. Sinon des magazines. Il déconseille la fiction, mais si c’est votre seul temps de lecture de la journée, vous pouvez très bien le faire quand même. Je lis la fiction avant de me coucher, pour préparer mon endormissement loin des lumières bleues, du coup, c’est écriture ou productivité. Je varie selon ma motivation du jour.
  • Scribing : Ecrire. Tiens comme c’est étrange ! Il propose de tenir un journal, plus basé sur les objectifs et les problèmes rencontrés en les poursuivant qu’un journal intime. C’est à ce moment que je tiens mon journal créatif.
    Vous pouvez faire tenir le tout en 6 minutes (ça fait short pour la lecture et l’écriture, mais soit) ou étirer comme recommandé en une heure et répartissant comme vous voulez. Bien sûr, il faut adapter à ce qui est faisable. Si vous vous levez déjà à 5 h du mat et que vous vous couchez à minuit, on ne va pas vous demander de vous lever à 4 h. Par contre, si vous perdez 2 h à flâner sur le Net et 1 h 30 à regarder deux épisodes de série chaque jour, il est possible de rogner un peu ce temps pour l’utiliser pour tester le Matin Miracle.

Je me lève à 6 h et je profite d’une demi-heure de tranquillité au salon pendant que mon homme se prépare pour aller au boulot. J’envisage de me lever un peu plus tôt pour gagner une demi-heure d’écriture avant de devoir de m’occuper du petit.

Ça tombe bien, je bosse par session de 25 minutes avec la méthode pomodoro !

Mais ça, c’est une autre histoire…

 

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